Mieux vivre avec la migraine
Le Québec dispose aujourd’hui des connaissances, des traitements, des outils cliniques et des compétences professionnelles pour mieux organiser l’accès aux soins en migraine et ainsi, alléger considérablement le fardeau de la maladie.
Autrement dit : offrir les bons soins, au bon moment, par le bon professionnel.
Il est temps d'agir, pour le bénéfice des centaines de milliers de personnes atteintes de migraine, et pour l'ensemble de la société.

Pourtant, la migraine fait rarement l'objet d'une prise en charge basée sur le suivi longitudinal, la prévention, l'autogestion et la collaboration interprofessionnelle, comme c'est le cas pour les autres maladies chroniques. La migraine ne fait pas non plus l’objet d’un suivi systématique dans les tableaux de bord du réseau de la santé.
La migraine touche de façon disproportionnée les femmes, soit 24 à 26% d'entre elles, tout en demeurant sous-diagnostiquée, sous-traitée et insuffisamment documentée. Elle est aussi la première cause d'années vécues avec une incapacité chez les femmes de 15 à 49 ans dans le monde.
Les répercussions de la migraine dépassent largement la sphère clinique : elles influencent les parcours scolaires et professionnels, la participation sociale, la santé mentale, les responsabilités familiales et la sécurité économique. De plus, la migraine atteint son pic de prévalence entre 30 et 49 ans, soit durant les années les plus productives de la vie.
Les coûts directs et indirects de la migraine peuvent atteindre 20 milliards de dollars par année au Québec, principalement en raison des pertes de productivité associées. Or, une organisation optimale des soins permettrait de réduire ce fardeau de façon importante.
Les moyens de traiter et prévenir la migraine n’ont jamais été aussi nombreux. Depuis 10 ans, de nouveaux médicaments conçus spécifiquement pour cette maladie ont été développés.
L’INESSS offre des lignes directrices pour la prise en charge de la migraine en première ligne. Or, près de 43 000 Québécois attendent encore une 1re consultation en neurologie. Le motif le plus fréquent : les céphalées, dont la migraine.
Les champs de pratique de plusieurs professionnels de première ligne ont évolué, dont les pharmaciens et IPS. De plus, des initiatives déjà implantées montrent qu’une organisation des soins plus efficace est possible.
C'est plutôt d’organiser les soins afin que les personnes atteintes profitent pleinement des avancées pharmacologiques et cliniques les plus récentes.
Autrement dit : offrir le bon soin, au bon moment, par le bon professionnel.
Il pose les bases d'une vision où la migraine devient une priorité d'action :
La première ligne doit être formée et outillée, l’éducation thérapeutique et l’autogestion soutenues, de nouvelles organisations des soins expérimentées et déployées, et des indicateurs développés afin de suivre la maladie, l’accès aux soins et les résultats obtenus.
Le Québec dispose aujourd’hui d’une occasion unique de transformer durablement la prise en charge de la migraine. Nous devons la saisir.

Migraine Québec remercie les partenaires qui ont contribué à la rédaction du livre blanc.